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Lorsqu’un couple ou deux coemprunteurs souscrivent ensemble un crédit immobilier, la banque leur demande de répartir la couverture de l’assurance emprunteur entre chacun d’eux, sous la forme d’un pourcentage appelé quotité. Ce choix, souvent traité rapidement au moment de la signature, a pourtant des conséquences importantes sur le montant de la cotisation et sur la protection réelle du foyer en cas de coup dur.
Ce guide explique ce qu’est une quotité, comment elle influence le coût de l’assurance, et comment choisir une répartition adaptée à votre situation plutôt que de reconduire par défaut le premier chiffre proposé par le conseiller bancaire.
Qu’est-ce qu’une quotité, concrètement ?
La quotité correspond à la part du capital emprunté que l’assurance garantit pour chaque emprunteur. Elle s’exprime en pourcentage, et la somme des quotités des deux emprunteurs doit être au moins égale à 100 % pour que la banque valide le montage. Il est cependant possible d’aller au-delà pour une couverture renforcée : par exemple une répartition 100 % et 100 %, qui garantit le remboursement intégral du capital quel que soit l’emprunteur touché par un sinistre.
Les trois répartitions les plus courantes sont 50 % et 50 %, 60 % et 40 %, et 100 % et 100 %. Chacune correspond à une logique différente de protection et de coût, détaillée dans notre guide complet de l’assurance de prêt immobilier.
Tableau comparatif des répartitions courantes
| Répartition | Fonctionnement | Situation adaptée |
|---|---|---|
| 50 % / 50 % | Chaque emprunteur couvre la moitié du capital | Revenus équivalents entre les deux emprunteurs |
| 60 % / 40 % ou proportionnel aux revenus | Répartition selon la contribution de chacun | Écart de revenus significatif entre les emprunteurs |
| 100 % / 100 % | Chaque emprunteur est couvert pour l’intégralité du capital | Volonté de sécurité maximale, budget plus large |
L’impact sur le coût de l’assurance
Plus la somme des quotités est élevée, plus la cotisation totale du foyer augmente, puisque chaque emprunteur paie une prime calculée sur la part de capital qu’il garantit. Une répartition 100 %/100 % coûte donc plus cher qu’une répartition 50 %/50 %, mais elle offre une sécurité bien supérieure : en cas de décès ou d’invalidité totale de l’un des emprunteurs, l’intégralité du capital restant dû est prise en charge, ce qui évite au conjoint survivant de devoir continuer à rembourser seul une partie du prêt.
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Les critères pour bien choisir
- L’écart de revenus entre les emprunteurs : plus il est important, plus une répartition proportionnelle aux revenus, plutôt qu’égalitaire, peut avoir du sens.
- La présence d’enfants ou de personnes à charge : elle plaide souvent pour une couverture plus large, proche de 100 %/100 %.
- La capacité de chacun à assumer seul les échéances : si l’un des emprunteurs ne pourrait pas rembourser seul sa part en cas de sinistre touchant l’autre, une quotité plus élevée le concernant mérite d’être envisagée.
- Le budget disponible pour l’assurance : une quotité renforcée augmente la cotisation, un arbitrage budgétaire est donc nécessaire.
Un exemple concret pour illustrer le choix
Prenons un couple empruntant à parts égales de revenus pour l’achat de leur résidence principale, avec deux jeunes enfants. Une répartition 50 %/50 % laisserait, en cas de décès de l’un des deux emprunteurs, la moitié du capital restant dû à la charge du survivant, ce qui peut représenter une charge lourde en période de deuil et de réorganisation familiale. Une répartition 100 %/100 %, plus coûteuse en cotisation mensuelle, garantirait au contraire l’extinction totale de la dette immobilière dans cette situation, laissant le conjoint survivant propriétaire du bien sans charge de remboursement restante.
À l’inverse, un couple sans enfant, avec des revenus proches et un capital emprunté modeste, peut raisonnablement opter pour une répartition plus légère, en acceptant une prise en charge partielle en cas de sinistre, en échange d’une cotisation mensuelle allégée.
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Le cas particulier des emprunteurs solo et des SCI
Pour un emprunteur seul, la question de la répartition ne se pose pas : la quotité est nécessairement fixée à 100 %, puisqu’aucun autre emprunteur ne partage la garantie. La réflexion porte alors davantage sur le niveau des garanties souscrites, notamment l’incapacité de travail, que sur la répartition du capital.
Pour un achat réalisé via une société civile immobilière avec plusieurs associés, la logique diffère légèrement : chaque associé emprunteur est en général assuré à hauteur de sa quote-part dans la société, mais des montages plus protecteurs, avec des quotités cumulées supérieures à 100 %, sont parfois recommandés lorsque la SCI repose principalement sur un ou deux associés dont la défaillance mettrait en péril l’ensemble du montage financier.
Peut-on modifier la quotité en cours de prêt ?
Oui, la quotité peut être révisée à l’occasion d’un changement d’assurance emprunteur, notamment lors d’une procédure de substitution permise par la loi Lemoine. C’est souvent l’occasion de revoir cette répartition à la lumière de l’évolution de la situation familiale ou professionnelle depuis la signature initiale du prêt. La démarche à suivre pour ce type de changement est détaillée dans notre article comment changer d’assurance de prêt immobilier.
Questions fréquentes
La quotité doit-elle obligatoirement totaliser 100 % ?
Oui, c’est le minimum exigé par la banque pour garantir l’intégralité du capital en cas de sinistre touchant l’un des emprunteurs, mais rien n’empêche de dépasser ce seuil pour une couverture renforcée.
Une quotité de 50 %/50 % est-elle risquée ?
Elle laisse une part du capital restant dû à la charge du conjoint survivant en cas de sinistre touchant l’autre emprunteur, ce qui peut représenter une charge financière importante selon les revenus du foyer.
Peut-on choisir des garanties différentes selon la quotité ?
Oui, il est possible d’adapter le niveau de garanties, par exemple en incluant l’incapacité de travail pour un emprunteur salarié et une couverture renforcée pour un emprunteur indépendant sans maintien de salaire.
La banque impose-t-elle une répartition précise ?
Non, la banque exige seulement un total minimal de 100 %, la répartition entre les emprunteurs reste un choix libre, à adapter à la situation du foyer.
Faut-il revoir la quotité après la naissance d’un enfant ?
C’est un bon moment pour reconsidérer ce choix, car les conséquences financières d’un sinistre sur le foyer évoluent avec l’arrivée d’une charge de famille supplémentaire.
La quotité est-elle la même pour toutes les garanties du contrat ?
Pas nécessairement : certains contrats permettent de fixer des quotités différentes selon les garanties, par exemple une quotité plus élevée en décès qu’en incapacité de travail. Vérifiez ce point ligne par ligne dans les conditions particulières, en particulier si votre situation professionnelle diffère de celle de votre coemprunteur.
Cette information est générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Le choix de la quotité dépend de votre situation familiale et financière : n’hésitez pas à solliciter un conseiller ou un courtier pour évaluer la répartition la plus adaptée à votre foyer.