Catégorie : Loi Lemoine et réglementation

  • Droit à l’oubli et questionnaire de santé emprunteur

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    Un antécédent médical, même ancien et parfaitement guéri, a longtemps compliqué l’accès à l’assurance emprunteur, entre surprimes importantes et exclusions de garanties. Deux dispositifs viennent aujourd’hui atténuer cette difficulté : le droit à l’oubli, qui dispense de déclarer certaines pathologies après un délai donné, et la grille de référence, qui encadre les conditions d’assurance pour des pathologies chroniques ne bénéficiant pas du droit à l’oubli.

    Comprendre ces mécanismes permet d’aborder le questionnaire de santé avec plus de sérénité, et d’éviter de payer une surprime qui n’aurait plus lieu d’être compte tenu de l’ancienneté de la pathologie concernée.

    Le questionnaire de santé : quand est-il encore exigé ?

    Depuis la loi Lemoine, le questionnaire de santé est supprimé pour les emprunts dont la part assurée par tête reste sous un plafond fixé par décret, et dont l’échéance finale intervient avant que l’emprunteur atteigne un âge limite également fixé par décret . Ces deux conditions doivent être remplies simultanément. Au-delà de ces seuils, ou pour un prêt qui ne répond pas à ces critères, le questionnaire de santé reste la règle générale, et c’est dans ce cadre que s’appliquent le droit à l’oubli et la grille de référence.

    Notre article comment fonctionne la loi Lemoine détaille les conditions précises de cette suppression du questionnaire.

    Le droit à l’oubli : pour quelles pathologies ?

    Le droit à l’oubli permet à un ancien malade de ne plus avoir à déclarer sa pathologie à l’assureur, une fois un certain délai écoulé depuis la fin du protocole thérapeutique, sans rechute constatée. Ce droit concerne en particulier les personnes ayant été traitées pour un cancer ou une hépatite C. Le délai applicable dépend de l’âge au moment du diagnostic et du type de protocole suivi ; il a été réduit à plusieurs reprises par la loi ces dernières années, dans le sens d’un accès facilité à l’assurance .

    Concrètement, si le délai du droit à l’oubli est écoulé, l’emprunteur n’a plus à mentionner cette pathologie dans le questionnaire de santé, et l’assureur ne peut ni appliquer de surprime ni exclure de garantie au titre de cet antécédent.

    Situation Conséquence
    Pathologie couverte par le droit à l’oubli, délai écoulé Non-déclaration possible, pas de surprime liée à cet antécédent
    Pathologie chronique hors droit à l’oubli Application possible de la grille de référence
    Pathologie récente ou en cours de traitement Déclaration obligatoire, étude individuelle par l’assureur

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    La grille de référence pour les autres pathologies

    Pour les pathologies chroniques qui ne bénéficient pas du droit à l’oubli, comme certaines maladies cardiovasculaires, le diabète ou le VIH stabilisé sous traitement, une grille de référence, issue de la convention s’appliquant aux personnes présentant un risque aggravé de santé, encadre les conditions d’accès à l’assurance emprunteur. Cette grille recense un certain nombre de pathologies pour lesquelles les assureurs signataires s’engagent à proposer une offre selon des critères objectifs, ce qui limite les refus purs et simples et encadre le niveau de surprime applicable.

    Cette convention s’adresse en particulier aux emprunteurs dont le risque aggravé de santé rendrait autrement l’accès à l’assurance très difficile ou très coûteux. Elle prévoit notamment un examen à plusieurs niveaux du dossier, avec possibilité de saisir une instance de recours en cas de refus ou de surprime jugée excessive.

    Que faire en cas de refus ou de surprime jugée excessive

    Lorsqu’un assureur oppose un refus ou applique une surprime que l’emprunteur juge disproportionnée par rapport à son état de santé réel, plusieurs recours existent avant de renoncer au projet immobilier. Il est d’abord possible de solliciter un second avis auprès d’un autre assureur, les grilles d’appréciation du risque n’étant pas identiques d’une compagnie à l’autre pour une même pathologie. Il est également possible, dans le cadre de la convention encadrant l’accès à l’assurance des personnes présentant un risque aggravé de santé, de saisir une instance de recours interne, puis un médecin-conseil indépendant si le désaccord persiste sur l’appréciation médicale du dossier.

    Certains courtiers spécialisés dans les profils à risque aggravé de santé disposent d’un réseau d’assureurs plus large que la moyenne et connaissent les compagnies statistiquement plus favorables à certains types de pathologies, ce qui peut accélérer l’obtention d’une offre acceptable sans multiplier les démarches en direct.

    Comment bien préparer son dossier de santé

    • Rassembler les comptes rendus médicaux récents attestant de la stabilité ou de la guérison de la pathologie.
    • Vérifier précisément la date de fin de traitement, élément clé pour le calcul du délai du droit à l’oubli.
    • Répondre avec précision et exhaustivité à chaque question du questionnaire de santé, sans minimiser ni omettre d’information.
    • Solliciter, si besoin, un courtier spécialisé dans les profils à risque aggravé de santé, qui connaît les assureurs les plus adaptés à chaque pathologie et sait orienter le dossier en conséquence.

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    Pour une vision complète de l’assurance de prêt et de ses mécanismes, notre guide complet de l’assurance de prêt immobilier replace ces règles dans leur contexte général, tandis que notre article comment changer d’assurance de prêt immobilier explique la procédure à suivre une fois un contrat adapté identifié.

    Questions fréquentes

    Le droit à l’oubli s’applique-t-il à toutes les maladies ?

    Non, il concerne principalement les anciens cancers et l’hépatite C, sous condition de délai écoulé depuis la fin du protocole thérapeutique sans rechute. Les autres pathologies relèvent plutôt de la grille de référence.

    Que se passe-t-il si je ne mentionne pas une pathologie par erreur ?

    Une omission, même involontaire, peut entraîner en cas de sinistre une remise en cause de la prise en charge par l’assureur. Il est essentiel de répondre avec précision au questionnaire de santé.

    La grille de référence garantit-elle une acceptation systématique ?

    Non, elle encadre les conditions d’examen du dossier et limite les refus abusifs, mais elle ne garantit pas automatiquement une acceptation ni un tarif standard pour toutes les pathologies concernées.

    Le questionnaire de santé est-il vérifié par un médecin ?

    Selon les réponses apportées, l’assureur peut demander des examens complémentaires ou l’avis d’un médecin-conseil avant de statuer sur le dossier.

    Peut-on redemander un devis après la fin du délai du droit à l’oubli ?

    Oui, c’est même recommandé : un contrat souscrit avec surprime avant l’expiration du délai peut être révisé une fois ce délai atteint, en redemandant un devis actualisé.

    La grille de référence concerne-t-elle uniquement les malades chroniques ?

    Elle s’adresse principalement aux personnes présentant un risque aggravé de santé du fait d’une pathologie chronique ou d’un antécédent significatif, en dehors du champ couvert par le droit à l’oubli proprement dit.

    Cette information est générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les délais et conditions applicables au droit à l’oubli et à la grille de référence dépendent de votre pathologie et de votre situation individuelle : vérifiez les règles en vigueur auprès de votre assureur ou d’un professionnel spécialisé.

  • Comment fonctionne la loi Lemoine pour l’assurance de prêt

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    Vous avez sans doute entendu parler de la loi Lemoine sans savoir exactement ce qu’elle change pour votre contrat d’assurance emprunteur. Entrée en vigueur en 2022, cette loi a mis fin à des années de blocage sur le marché de la délégation d’assurance, où les emprunteurs devaient composer avec des fenêtres de résiliation étroites et des refus de substitution difficiles à contester.

    Comprendre précisément ce que permet cette loi, à qui elle s’applique et dans quelles conditions, est la première étape pour décider si un changement d’assurance vaut la peine d’être engagé sur votre prêt en cours.

    Que dit exactement la loi Lemoine ?

    La loi du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur, dite loi Lemoine, introduit trois évolutions majeures : la résiliation à tout moment du contrat d’assurance de prêt, la suppression du questionnaire de santé pour certains emprunts, et la réduction du délai du droit à l’oubli pour d’anciens malades du cancer ou de l’hépatite C.

    Elle s’applique à tous les crédits immobiliers destinés à financer une résidence principale, secondaire ou un investissement locatif, dès lors qu’une assurance emprunteur y est attachée.

    La résiliation à tout moment, sans frais

    Avant la loi Lemoine, changer d’assurance emprunteur n’était possible qu’à la date anniversaire du contrat, dans un délai de préavis précis, ce qui rendait la démarche compliquée à orchestrer. Désormais, la résiliation est possible à tout moment de la vie du prêt, sans qu’aucune pénalité ne puisse être appliquée par l’assureur ou par la banque.

    Concrètement, l’emprunteur peut, à n’importe quel mois de son crédit, demander à changer d’assureur, à condition de présenter un contrat dont les garanties sont jugées équivalentes à celles exigées par la banque dans son offre de prêt initiale. Le nouveau contrat prend le relais de l’ancien sans période de battement ni double cotisation prolongée.

    Avant la loi Lemoine Depuis la loi Lemoine
    Résiliation possible seulement à la date anniversaire Résiliation possible à tout moment
    Préavis de plusieurs mois à respecter Aucun préavis, changement immédiat après acceptation
    Questionnaire de santé quasi systématique Supprimé sous certaines conditions de montant et d’âge
    Droit à l’oubli après un délai plus long Droit à l’oubli réduit pour certaines pathologies

    La suppression du questionnaire de santé

    Autre avancée majeure, la loi Lemoine supprime l’obligation de remplir un questionnaire de santé pour les emprunts dont la quotité assurée par tête reste sous un plafond fixé par décret, et dont l’échéance de remboursement intervient avant que l’emprunteur atteigne un âge limite également fixé par décret . Ces seuils sont précisés par l’assureur au moment de la demande : il est indispensable de les vérifier pour votre dossier avant de vous engager, car ils conditionnent l’accès sans formalité médicale.

    Pour les emprunts qui dépassent ces seuils, le questionnaire de santé reste obligatoire, avec toutefois le bénéfice du droit à l’oubli pour certains anciens malades. Notre article droit à l’oubli et questionnaire de santé détaille ce mécanisme.

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    Pourquoi comparer même avec un contrat récent

    Beaucoup d’emprunteurs pensent, à tort, que la loi Lemoine ne concerne que les prêts anciens. En réalité, elle s’applique dès la signature d’un nouveau crédit : rien n’empêche de demander une délégation d’assurance dès l’offre de prêt, plutôt que d’accepter le contrat groupe puis de changer ensuite. Comparer plusieurs devis avant même la signature évite une double démarche et permet souvent d’obtenir un taux plus avantageux dès le premier mois de remboursement, sans période de transition entre deux contrats.

    Comment exercer ce droit concrètement

    Exercer son droit à résiliation suppose de suivre quelques étapes précises. Il faut d’abord obtenir un devis détaillé auprès d’un nouvel assureur, en veillant à ce que les garanties couvrent au minimum les exigences de la banque. Il faut ensuite transmettre cette proposition à la banque, qui dispose d’un délai encadré pour répondre. En cas d’acceptation, l’ancien contrat est résilié et le nouveau prend automatiquement le relais, sans interruption de couverture pour l’emprunteur ni pour la banque.

    Le détail complet de cette procédure, avec les documents à réunir, est expliqué pas à pas dans notre article comment changer d’assurance de prêt immobilier. Pour une vision d’ensemble du sujet, notre guide complet de l’assurance de prêt immobilier replace ces règles dans leur contexte.

    Pourquoi cette loi a changé le rapport de force

    Avant 2022, deux lois antérieures, la loi Hamon puis l’amendement Bourquin, avaient déjà ouvert des fenêtres de résiliation, mais elles restaient contraignantes : la première limitait le changement à la première année du prêt, la seconde à la date anniversaire du contrat avec un préavis strict à respecter. Dans les faits, beaucoup d’emprunteurs manquaient ces échéances ou renonçaient face à la complexité administrative, ce qui maintenait une part importante du marché captive des contrats groupe bancaires.

    La loi Lemoine supprime cette contrainte de calendrier et rend le marché beaucoup plus fluide. Les courtiers en délégation d’assurance ont ainsi vu leur activité se développer fortement, portés par une demande d’emprunteurs qui découvrent, souvent plusieurs années après la signature de leur prêt, qu’ils paient une assurance largement supérieure à ce que proposerait un contrat individualisé à leur profil actuel.

    Ce que la loi Lemoine ne change pas

    La loi Lemoine ne dispense pas de souscrire une assurance emprunteur : elle facilite seulement le changement d’assureur. Elle n’impose pas non plus à la banque d’accepter n’importe quel contrat : l’équivalence des garanties, appréciée selon la grille de référence du CCSF, reste la condition sine qua non de l’acceptation. Un contrat moins cher mais aux garanties manifestement insuffisantes pourra toujours être refusé par la banque, à condition qu’elle motive sa décision.

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    Questions fréquentes

    La loi Lemoine s’applique-t-elle à tous les contrats en cours ?

    Oui, elle s’applique aux contrats souscrits avant et après son entrée en vigueur, dès lors qu’ils portent sur un crédit immobilier assuré.

    Faut-il attendre une date précise pour résilier ?

    Non, c’est justement l’apport principal de la loi : la résiliation est possible à tout moment de l’année, sans attendre de date anniversaire.

    La banque peut-elle refuser un nouveau contrat sans raison ?

    Non, elle doit motiver son refus par écrit si le contrat proposé respecte la grille d’équivalence des garanties applicable à votre prêt.

    Le questionnaire de santé disparaît-il pour tous les emprunteurs ?

    Non, seulement pour les prêts qui respectent les seuils de montant et d’échéance fixés par décret. Au-delà, le questionnaire reste requis.

    Y a-t-il des frais pour changer d’assurance grâce à la loi Lemoine ?

    Non, la résiliation et la substitution ne peuvent donner lieu à aucune pénalité ni frais de dossier de la part de l’assureur ou de la banque.

    Cette information est générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les conditions précises d’application dépendent de votre contrat et de votre situation : vérifiez les seuils et modalités auprès de votre assureur ou d’un professionnel avant toute démarche.